Les bénéfices de l’allaitement maternel

Par Dr Veber Michael – Chirurgien plasticien spécialisé en chirurgie mammaire Lyon
www.dr-veber.com

La très sérieuse revue « The Lancet » vient de publier une méta-analyse qui met en avant les nombreux avantages de l’allaitement (Lancet 2016 ; 387 :475-90). Les vertus du lait maternel sont connues depuis longtemps, concernant le bénéfice des anticorps sur la future immunité du bébé. Mais l’allaitement pourrait aussi réduire le nombre de cancers de sein chez les mères selon l’article.

 Quels sont les chiffres ?

Il est rappelé dans l’étude que le taux d’allaitement dans les pays riches à fortement diminuer ces 15 dernières années. Par exemple en Angleterre, le taux d’allaitement à 6 mois après l’accouchement est passé de 81% à 34% entre 2005 et 2010, pour être <1% à 12 mois.

Les résultats de la méta-analyse (i.e combinaison de nombreux résultats de différentes études scientifiques à travers le monde) du Lancet permettent de mettre en évidence des données déjà connues sur la protection hormonale de la femme après l’allaitement, mais de manière plus significative. A savoir, sur une population mondiale, on pourrait constater une diminution du risque du cancer du sein de 4 à 6% après un allaitement continu de 12 mois.

Ces bénéfices sont liés à des périodes d’aménorrhées allongées en cas d’allaitement, un facteur connu pour diminuer le risque de cancer lié aux hormones telles que l’oestradiol ou la prolactine.

 Consensus difficile dans les pays développés

 L’OMS (Organisation Mondial de la Santé) préconise d’allaiter exclusivement l’enfant pendant les six premiers mois de sa vie. Ce consensus est un équilibre actuel entre l’aspect bénéfique sur la santé et la place des femmes dans la société actuelle. Récemment en 2010, Elisabeth Badinter soulignait dans son livre « Le Conflit » que les femmes subissaient une « politique de pression, de culpabilisation même ». Ainsi, si l’importance de l’allaitement est bien admise dans les pays à faibles ou à moyens revenus, l’idée ne remporte pas le consensus dans les pays à hauts revenus.

Les points d’actions

Le changement des habitudes sur l’allaitement maternel est évidement dépendant de nombreux facteurs tels que les aspects culturels, l’histoire, le niveau socio-économique d’un pays et des individus. La réflexion doit donc être portée par une véritable politique de santé publique à ce sujet comme par exemple l’encadrement du marketing des laits de substitutions ou la mise en avant des bienfaits de l’allaitement naturel dans les hôpitaux. D’après le Professeur Victora, qui a mené le groupe scientifique de cette méta-analyse, « Il y a une grande méprise à imaginer que seul les pays pauvres pourraient trouver un bénéficie à l’allaitement prolongé…Nos travaux et résultats de la méta-analyse montrent clairement que l’allaitement peut économiser des vies et de l’argent dans tous les pays du monde, qu’ils soient riches ou pauvres. »